
L’agriculture n’est pas seulement une activité économique : elle façonne nos paysages, notre histoire et notre qualité de vie. Le Diagnostic d’Objectif Agricole et Sylvicole (DOCOBAS) mené par la commune a révélé un potentiel exceptionnel, mais aussi des défis majeurs à relever collectivement pour préserver et développer ce patrimoine vivant.
Un territoire riche… mais sous pression
Avec 1 188 hectares aujourd’hui exploités, une diversité remarquable d’élevages, de cultures, de vergers et d’oliveraies, et des productions reconnues par plusieurs AOP (Brocciu, Huile d’olive de Corse, charcuterie, vin…), notre commune possède une base agricole solide.
Mais la pression foncière, l’abandon progressif d’espaces autrefois cultivés et le morcellement du foncier rendent difficile l’installation de nouveaux agriculteurs et l’agrandissement des exploitations.
Le diagnostic a ainsi identifié plus de 1 169 hectares d’espaces stratégiques agricoles (ESA) et 800 hectares d’espaces ressources pour le pastoralisme et l’arboriculture (ERPAT), dont une partie encore disponible mais non mobilisée. Restaurer l’accès à ces terres est une priorité pour garantir l’avenir agricole du territoire.
L’eau, un enjeu vital pour nos cultures
Le DOCOBAS montre que 65 hectares sont actuellement irrigués, alors que 705 hectares pourraient l’être autour du réseau d’eau brute, constituant notamment un support à l’implantation de poteaux incendie qui augmenterait la capacité de défense de notre commune.
Les retours des exploitants sont unanimes : l’irrigation permet d’augmenter fortement les rendements, d’assurer la qualité et d’adapter les exploitations aux sécheresses de plus en plus fréquentes.
La modernisation et l’extension du réseau d’irrigation, déjà engagées avec l’Office d’Equipement Hydraulique de Corse (OEHC), constituent un levier central pour pérenniser les exploitations et diversifier les productions. A ce jour, les extensions programmées de Litre, Navarellu, Magliolacciu et Binettu ont déjà été réalisées et sont d’ores-et-déjà opérationnelles. Il restera à réaliser l’antenne de Ficuccia/Sapara Castrata.
Des espaces ouverts pour protéger les villages et accueillir de nouvelles activités
Notre territoire présente un risque incendie important. L’étude confirme que l’agriculture et le pastoralisme jouent un rôle majeur pour maintenir des zones ouvertes, limiter la propagation du feu et protéger les villages.
L’ouverture de nouveaux secteurs à la mise en culture – notamment autour de Lanciatu et Sapara Castrata – permettrait à la fois de soutenir de nouvelles installations agricoles et de renforcer la sécurité du territoire.
Valoriser la sylviculture
Avec près de 200 hectares de suberaies identifiés, la commune dispose d’un potentiel forestier remarquable.
Redonner vie à la transhumance
Le diagnostic met en lumière la richesse pastorale du massif de Cagna où subsistent d’anciennes bergeries, des sources et des parcours d’estive.
Réhabiliter le sentier de transhumance, restaurer les points d’eau et rouvrir les milieux permettraient de redynamiser cette pratique traditionnelle, essentielle à la fois pour l’élevage, la biodiversité et l’identité du territoire.
Cultiver local, manger local : le cercle vertueux des circuits courts
Nous voulons construire un territoire vivant et fidèle à son identité rurale, tout en étant ouvert sur l’avenir et respectueux de ses ressources naturelles. Cette ambition s’appuie sur la diversification des activités agricoles et artisanales, ainsi que sur la valorisation des productions locales, afin de renforcer l’autonomie du territoire, soutenir nos savoir faire et préserver la richesse de notre patrimoine naturel.
Ces projets devront respecter les terres agricoles et générer des retombées économiques locales.
Vers une agriculture qui rassemble
Nous souhaitons favoriser l’agrivoltaïsme, c’est-à-dire l’installation des panneaux photovoltaïques sur des structures agricoles afin de soutenir et améliorer l’activité agricole, et non de la remplacer. L’objectif est de produire une énergie renouvelable tout en offrant des bénéfices directs aux cultures ou aux élevages – protection contre les aléas climatiques, amélioration du confort animal, optimisation des rendements – dans une logique où l’agriculture reste la priorité et l’énergie un atout supplémentaire au service du territoire.
Le DOCOBAS a tracé un cap clair : protéger nos terres, soutenir nos agriculteurs, sécuriser l’accès à l’eau, restaurer les pratiques traditionnelles, préparer l’avenir climatique et faire de Pianottoli Caldarello un territoire agricole fort, diversifié et durable.
Notre projet se fonde donc sur la connaissance fine de notre territoire et sur la volonté partagée de bâtir une ruralité vivante, fière et résiliente.